[ . Άήaιş . ] - 24 .10. 1990


# Posté le lundi 02 février 2009 14:46

Modifié le samedi 15 août 2009 14:56

Chapitre Premier

Chapitre Premier
C'était arrivé sans que je m'en aperçoive, beaucoup trop vite, mais si lentement en même temps... Mais ça y était, il fallait que je l'annonce, à un petit nombre tout d'abord, les plus proches, proches de sang, pas de c½ur ... De toute façon, je n'avais pas de proche de c½ur.
Les jours passaient, et moi je rodais, je rodais car je n'osais pas. Comment l'annoncer ? Comment l'aborder ? C'était nouveau pour moi, nouveau pour eux, spécial ... un peu spécial ...
Je finis par le faire ... par le dire après avoir tourné autour de ma proie pendant plusieurs heures, plusieurs jours même, en fait, c'était plutôt le prédateur que la proie et j'avais peur de m'en approcher, mais il le fallait, je n'avais plus le choix. Quelques questions essentielles se glissèrent tout d'abord mais je ne lus rien dans son regard, jamais je ne sus ce qu'il se passait à ce moment derrière ce regard de pierre. Et puis je m'en fus.

Le lendemain, la nouvelle s'était répandue comme une trainée de poudre au vent et de nombreuses personnes furent au courant. J'appris même plus tard que des pronostics se tenaient dans mon dos, des paris sur la durée, personne n'y croyait ... N'étais-je pas assez bien pour être heureuse ? Pour susciter une flamme d'amour ? Apparemment pas ...

La période des va-et-vient estivaux arriva mais personne ne voulait me voir sortir, comme s'il fallait me protéger, en m'enfermant dans mon cocon, entre mes quatre murs.
Cela finit par se faire ... un accueil chaleureux ... ou plutôt ... hypocrite ? Un séjour merveilleux pour moi, nous reprirent ensuite la route à la découverte de nouveaux paysages.
Je découvris l'expression "à deux", je ne pensais plus à rien, à part à lui ...
Et je revins ... Ce retour fut une douche froide, un seau d'eau dans la figure, une claque sèche et directe. J'appris que tout sourire n'avait été que leurre, toute parole gentille n'était que calculée. Ils ne voulaient que paraître sous leur meilleur jour, mais lançaient de nombreux poignards dans nos dos ... Ce qu'ils ne pouvaient pas dire "à deux" ils me le dirent à moi, seule, car ils savaient que je ne réagissais pas, je ne peux plus être méchante, et partir dans de sanglantes discussions, alors ils firent ce qu'ils avaient à faire. Ils me tailladèrent par leurs mots, ruinèrent mes espoirs. J'explosai littéralement, je fondis en larmes, m'étouffant dans ma folie, mais ce qu'ils avaient accumulé comme reproches, critiques, depuis 12 jours ils le laissèrent s'écouler au gré de leur volonté. Telle une marmite sous pression, la violence avait été retenue pendant ces 12 jours, et elle sortit plus violente que jamais. Une heure, une heure contre ce mur de propos injurieux et haineux, j'essayai de me relever à chaque assaut, mais lutter était vain. J'étais acculée. Alors je les laissai, je les laissai me détruire...


Et ce fut le début de mon long cauchemar inachevé...

# Posté le lundi 17 août 2009 11:30

Modifié le mardi 25 août 2009 18:36

♪ . ♫ . ♪

♪ . ♫ . ♪
Mes doigts effleurent les touches noires et blanches. Je suis seule devant ce clavier, personne pour m'écouter, personne pour écouter le gâchis qui va suivre ...
Je regrette d'avoir oublié, d'avoir laissé ce pan de ma vie de coté. Mais elle m'avait dégoutée et je n'avais plus le temps, plus l'envie ... Et maintenant je regrette, quand je l'entends lui ... Il fait ce qu'il veut, tout est à sa
portée, la lecture entraine la maitrise. Moi j'ai quasiment perdu la lecture ... déjà, après 7 ans où cette lecture était réflexe sans réflexion.
Je pose cette feuille devant moi, je sais que je connais la mélodie par c½ur, je la jouais, sans réfléchir, mes doigts courraient tous seuls, laissant mes pensées divaguer ailleurs. C'était vraiment une sensation merveilleuse. J'étais tellement maitresse de cette partition que je n'avais qu'à me lancer, mes doigts prenaient le relai pour moi et je pouvais alors divaguer et penser à ce que je voulais sur une douce mélodie résonnant dans le lointain.
Maintenant tout est différent, je suis là, assise, le dos bien droit, le regard en face, je déchiffre, j'essaie, je reconnais les premières notes, les croches et les noires se succèdent, cette harmonie des accords revient peu à peu, les bémols rendant cet air si solennel ...
Un travail de débutant ... Je déchiffre ... Quel gâchis ... 7 ans ... 7 ans de ma vie purement et simplement oubliés ...
Qu'est ce que je regrette ...

# Posté le lundi 17 août 2009 11:32

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 10:48

Flex' ! Pointe ! Soutenu ! Détourné !

Flex' ! Pointe ! Soutenu ! Détourné !
Et oui, au bout de 12 ans, on peut dire que j'aimais ça, tous les lundis soir et les mercredis après midi pendant de nombreuses années également, de plus en plus tard avec la perfection, je retrouvais mes amies, car oui, au bout de 12 ans, on a fait connaissance :p
Tellement de souvenirs ...
Mes débuts, 1996, les pleurs, les cris, à 6 ans j'avais encore besoin de ma maman et oui.
1997, premier gala dans une magnifique salle, je m'en souviens encore, je n'avais que 6 ans et demi. Les troupeaux de petites filles courant dans les couloirs au carrelage bleu et blanc, les costumes, l'odeur du fard à paupière, du rouge à lèvre. Et puis l'entrée sur scène, toutes dans notre gros paquet cadeau, costumée en jouets. Moi j'étais une petite fée, la chef des petites fée :p Dans mon paquet dorée aux étoiles rouges brillantes, avec ma baguette, j'attendais sous la chaleur des projecteurs, que la danseuse que je considérais et considère encore comme la plus talentueuse, ne réveille tous les "cadeaux enchantés", il y avait des nounours, des poupées, des fées et des clowns je crois. Trop petite pour se rendre compte que la salle était comble, purs souvenirs, charivari, également nos petits pas sur la palette, 4 petites paires de pieds pendant la choré des adultes, la fierté =) Et le final, le lâcher de ballon, la course aux ballons plutôt :p 10 ans de l'association. Comment savoir que je serai encore là 10 ans plus tard ?

Des heures de cours, des milliers de musiques, de rythmes entrainants, mon justaucorps velours bleu turquoise, mon collant lycra noir, mes guêtres, mon petit justaucorps blanc et plus tard noir, manches longues, la seule :p mes jupettes noires et oui, paradoxal, je n'ai jamais porté de tutu blanc, stop aux préjugés ! Mes paires de demi-pointes, mes paires de pointes usées sur le parquet rigide de la Salle du Grand Calvaire, qui parfois, portait bien son nom :p Des étirements, des grands écarts, peu pour moi, beaucoup pour les autres : ( Des diagonales de piqués, de piqués-tour, de déboulés et tant d'autres encore, la tête qui tourne pfffiouuu. Les échauffements par trimestre à la barre, les ronds de jambe, les jetés, les battements, les grands battements, les fondus, aaarrggh, les arabesques, les pas de bourré, les ports de tête qu'on ne mettait pas assez, les bras pas assez soutenus, les "celles qui étaient devant passez derrière", les "je regarde ?", les révérences à tour de rôle en fin de cours, tout ça me manque affreusement, sentir mes muscles des mollets se tendre sous ma peau, la crampe arriver sous ma plante de pied, la joie de réussir en entier l'exercice des entre-chats 3 et 4, se sentir légère parfois, réussir ses tours, ses soutenus et parfois ne réussir à rien ... La liste serait encore longue en ce qui concerne les cours ... Parfois des petites tensions vis-à-vis de l'autorité :p Mais jamais rien de bien méchant. On en a eu des courbatures les mardis matins ... Des litres d'eau avalés les lundis soirs, des efforts pour être ensemble, la "choré-qu'on-aura-jamais-finie-à-temps" et les "c'est-moche-on-n'est-pas-ensembles". Les chronométrages pour mettre ses pointes et au bout de 3 minutes, quand les rubans sont enroulés et noués, on se rend compte qu'on n'est pas à l'aise, tout défaire ... toute la technique vestimentaire, la technique du chignon, de la colophane sur ce parquet pourri ...

Trop de bons souvenirs, pour toujours la même adrénaline à la fin, portes ouvertes ou gala, la répétition l'après midi toujours catastrophiques, les répèt's où l'on oubliait tout sur le carrelage de la salle de la Madeleine, Espace Denise Grey, les coulisses de la scène, scène sale :p Avec l'âge, loge privée à l'étage :p, étirements sur la rambarde de l'escalier. Des costumes magnifiques, les patineuses, notre robe tant aimée en papier à bulle :p, nos robes noires et jaunes sur une choré qui fut notre fierté, "les classiques ont enfin été bissées !"
Et enfin, apothéose, les 20 ans ! Un French Cancan monstrueux ! Des robes à jupon ! Des robes rouges aussi rouge que le rouge pulpeux du rouge à lèvre ! Des collants résilles, des "Hiiii yaaaaah !" dans la salle ! Des sourires sur les lèvres, une 2e fois, le souffle court. Et la fin, déjà la fin.
La dernière année, 2008, une porte ouverte, les portes ouvertes, une fin en douceur, un trio de pointes devant la salle. Et une sortie en toute discrétion, ça me manque, tout ça me manque tellement :(

# Posté le lundi 17 août 2009 11:40